Trois ans de lait

Presque tous les soirs de sa vie, je me suis assise sur ce fauteuil dans sa chambre pour qu’il tète avant de s’endormir.

Souvent, je regardais à travers les fentes du store à demi baissé, et je voyais l’autre côté du lac, les lumières des ports, les voitures qui roulaient.

Bien souvent, j’ai eu envie d’être là-bas, sur l’autre rive, dans une voiture, dans une autre vie, de faire n’importe quoi d’autre que d’être là, assise à allaiter…

Et une voix me disait : « Profite, il ne tètera pas toute sa vie, profite… »

Et une autre voix : « J’en ai marre, c’est long, j’aimerais être là-bas, sur l’autre rive… »

 

Cela fait à peine quelques semaines que nous ne nous asseyons plus sur ce fauteuil chaque soir : il ne tète plus…

Et maintenant, le fauteuil ne me manque pas, mais je ne suis pas encore allée sur cette autre rive qui semblait tellement attirante.

 

Bien souvent, j’étais présente à toi mon amour, et bien souvent, la frustration, la fatigue et l’envie d’être ailleurs ont pris le dessus.

Est-ce que ça changeait le goût du lait?

J’ai juste fait de mon mieux, mon amour, chaque soir, en bonne humaine, avec mes limites. Comme je le ferai tous les jours de ma vie, en continuant à veiller sur la tienne!

 

Je célèbre avec vous la fin de mon allaitement!

3 ans d’amour, 3 ans de lait, 3 ans de tissage si particulier et si profond!

 

Fière de moi

Fière de mon fils

Heureuse d’avoir pu lui offrir ce magnifique départ dans la vie

Pleine de gratitude pour mes seins qui sont juste magiques

Pleine de gratitude pour Claudia, de la Leche League, qui a sauvé mon allaitement quand il avait 3 mois

Fière d’avoir allaité si longtemps, pourtant entourée de regards lourds et de jugements.

 

J’ai suivi mon intuition jusqu’au bout, jusqu’à un « sevrage » naturel, organique, où nous sommes tous les deux en paix avec la fin de cette merveilleuse aventure.

 

Je ne dis pas que c’est qu’il faut faire, que c’est comme ça qu’il faut le faire. Je dis que je suis fière et heureuse d’avoir fait ce qui me semblait bon pour mon fils et pour moi.

 

Dans la vie, et surtout dans la parentalité, je trouve cela difficile, tous les “il faut“, “tu dois“. Et ils viennent autant de l’intérieur de moi que de l’extérieur de moi.

 

Souvent je me raccroche à ce poème de Rumi : « Au-delà du bien et du mal, il y a un espace où je t’attends. »

 

Je nous souhaite à toutes et à tous de trouver cet espace, d’abord à l’intérieur de nous et ensuite à l’extérieur.

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